Quand pour la fête votive de Montcuq on valsait dans la neige jusqu’aux chevilles ! par François X. Nardou

, par Marc Lagaly

Quand pour la fête votive de Montcuq on valsait dans la neige jusqu’aux chevilles !

Le 14 Janvier, fête de St -Hilaire, évêque de Poitiers vers 360 et depuis 1250/70 saint Patron de Montcuq, marquait la fin des Fêtes de Noël aux Rois, coeur sombre de l’hiver. Jusque vers 1960 St Hilaire était honoré le 14 janvier d’un culte avec vénération des reliques dans l’église bâtie fin 13ème s. Sànt Illàry clàusis las Féstos,St Hilaire clôt les Fêtes, disait-on. Or jusque vers 1914 la fête votive de Montcuq se tenait le 14 janvier sur la place triangulaire au sud-est du choeur de l’église St -Hilaire, Mercat dels Blàts (Marché aux Blés). Sous la Halle étaient les Grandes Boucheries, 6 étals de bouchers donnant sur la Plàço dé la Caminàdo (du Presbytère ancien). Autour de la Place aux Blés s’alignaient les maisons de plus riches familles marchandes de jadis. C’était là que l’on dansait, parfois dans la neige plus haut que les chevilles, ces dames en fins escarpins qui leur gelaient les pieds ! Occasion de boire du vin chaud épicé aux écorces d’orange. Le sol de terre battue, rendu boueux, était celui de l’ancien cimetière médiéval, les ossements dorment encore sous la place. Au Dia e Festa de Mossenh Sànt Illàry, Oc médiéval,entourés des richesses accumulées du Vin ,des Viandes et des Blés, les Vivants et les Morts communiaient donc dans une fête de fin du coeur sombre de l’hiver et de début de rallongement des Jours. Or la Place communiquait avec l’église par une porte dans le choeur, aux sculptures fin 15ème données, dit-on, comme celles du transept et des chapelles latérales, par les moines de Marcillac, gardiens mythiques du Centre Sacral du Très Vieux Quercy. Ces sculptures ne se comprennent que par les rites des Douze Jours de Noël aux Rois et du Voyage des Trépassés vers l’Au-Delà en des nuits telles celles des Douze Jours ou de St-Hilaire. Or ces rites avaient pour but, par des danses très rythmées, de réveiller la Nature et d’assurer aux Vivants la Bienveillance des Défunts, pourvoyeurs de toutes les Abondances. Ce pourquoi au Jour et Feste de St-Hilaire les Montcuquiols dansaient dans l’ancien cimetière. Or en Rouergue et Gévaudan d’où vinrent les premiers habitants aux origines de St-Privat, paroisse alors rurale à l’Est de Montcuq et devenue faubourg, Cuc signifie Négré et Pàuruc, sombre et angoissant, et qualifie les lieux qui évoquent le Monde des Morts, Monde où à Montcuq l’on descendait par une crypte à mystères et rendue secrète sous le transept de St-Hilaire.

François Xavier Nardou