Decembre d’Edouard Tournié

, par Marc Lagaly

Decembre

Quand per Nodal se soulilho
Per Pasquos an burlo lo linho

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Mes mort de lo noturo,
Mes viü d’humonita ;
Ol peysan d’oquest’houro
Douno lo liberta.

Oprès l’trobal foursa,
Lo noturo se paüso,
Sans sousquar sul possa,
Per reprener los aüsos.

Lou peysan dins lo granjo
Sounjo soun bel cobal,
So fenno dins lo cambro
Omasso lous cocals.

Nodal vay orribar,
Cal vendre del bestial
Per pouder proufitar
De l’aümouno del cial.

Sur louy londiers s’embraso
Lo soucho de nodal*,
E lou peysan se paüso,
O ochoba soun trobal.

Extrait de : Colondrier del Peysan – Louy douje mes de l’an pel felibre Quercynol E. Tournié – Périgueux imp. Ronteix 1930

* « Noël n’est pas seulement une des fêtes chrétiennes les plus importantes de l’année, elle est encore l’occasion de réjouissances diverses. Dans les familles, la veille de cette grande solennité, on se réunit entre parents pour assister à un repas qui consiste en un splendide dessert où l’on donne abondamment des fruits secs ou des châtaignes, des gâteaux et du vin.
Durant cette réunion, on fait flamber la bûche de Noël qui serait, d’après certains, un souvenir des feux allumés chez les Gaulois la nuit, sur les montagnes, au moment du solstice d’hiver, en l’honneur du dieu du soleil, Bel ou Belen. L’origine de cette bûche de Noël serait, au contraire, pour d’autres, un feu qu’auraient allumé les bergers de Bethléem, d’après de vieilles chroniques, pour réchauffer les pieds de l’Enfant Jésus.
Au retour de l’église, on trouve un beau brasier et ceci est un bon présage.
La bûche est une souche d’arbre fruitier quelconque. Dans certaines familles, on recueillait les charbons et même les cendres de cette bûche : on leur attribuait une certaine efficacité. On avait soin de conserver un tison de cette bûche pour le rallumer quand il tonnait afin de préserver la maison de la foudre. » tiré de E. SOL – Le vieux Quercy t.1 Usages Anciens Bibliothèque de la maison des œuvres Cahors

Traduction :

Décembre

Noël au balcon,
Pâques aux tisons.


Mois mort de la nature
Mois vivant d’humanité ;
Au paysan à cette heure
Tu donnes la liberté.

Après le travail forcé,
La nature se repose,
Sans songer au passé,
Pour reprendre les choses.

Le paysan dans la grange
Soigne son beau cheptel
Sa femme dans la chambre
Ramasse les noix.

Noël va arriver,
Il faut vendre des animaux
Pour pouvoir profiter
De l’aumône du ciel.

Sur les chenets s’enflamme
La bûche de Noël
Et le paysan se repose,
Il a achevé son travail.