Les mains coupées d’Uxellodunum

, par Marc Lagaly

[...]En conséquence, il fit couper les mains à tous ceux qui avaient porté les armes et leur accorda la vie sauve, pour qu’on sût mieux comment il punissait les rebelles. Drappès, qui, je l’ai dit, avait été fait prisonnier par Caninius, soit qu’il ne pût supporter l’humiliation d’être dans les fers, soit qu’il redoutât les tourments d’un cruel supplice, s’abstint pendant quelques jours de nourriture et mourut de faim. Dans le même temps Luctérios, dont j’ai rapporté qu’il avait pu s’enfuir de la bataille, était venu se mettre entre les mains de l’Arverne Epasnactos : il changeait, en effet, souvent de résidence, et ne se confiait pas longtemps au même hôte, car, sachant combien César devait le haïr, il estimait dangereux tout séjour de quelque durée : l’Arverne Epasnactos, qui était un grand ami du peuple Romain, sans aucune hésitation le fit charger de chaînes et l’amena à César.[...]Juli Caesaris Commentariorum de bello gallico - Liber primus.

Les mains coupées d’Uxellodunum

Furieux du succès de la rébellion
César ordonna la spectaculaire punition
Envers tous ceux qui furent dans Uxellodunum :
« Que leur main droite soit coupée
A tous ceux qui nous ont méprisés
Vieillards, femmes, enfants ; purifions ces ingrats
De leur incontinence envers Néron et mes soldats »
Le bétail humain est rassemblé
Devant Uxellodunum endeuillé.
Les femmes et les enfants d’un côté.
Les vieillards de l’autre
Et au centre les guerriers prisonniers.
César était assis devant eux, sur un trône.
A sa droite, à sa gauche, trois marmites de l’armée de Rome.
Six marmites pouvant chacune cuire un bœuf.
Devant, une hache à la main, le bourreau habillé de neuf ;
A sa portée, un tronc d’arbre debout : le billot.
La scène commence par la plus jeune mère,
Son bébé est tout nu dans ses bras . il vient de naitre.
Une main du bébé et de la mère tombent
Et sont jetées dans la marmite.
Puis les patients sont poussés, portés sous des cris insolites.
Vers une jarre remplie d’huile en ébullition
Qui sert à cicatriser les plaies sans compassion.
Tout ceci se passe en cadence,
Sous des cris et d’affreux gémissements.
Des milliers d’hommes enchainés
Serrent les poings et les dents,
Puis s’avancent d’un bloc comme un paquet de mer déchainée,
En bousculant tous les obstacles
Et poussant de terribles cris de courage et de haine
Apeuré, César recule et sans reprendre haleine
Commande toute son armée
Qui charge. Cette pauvre foule désarmée
Tombe et meurt dans un charnier
En scandant à pleine poitrine
Leur joie de la mort libertine (1)

(1) - Affranchi à la discipline de la foi religieuse