Le boulevard

, par Marc Lagaly

Le boulevard

Du Tivoli jusqu’au Théâtre
Sans aller plus haut ni plus bas,
Tout bon Cadurcien doit abattre
Chaque jour, son millier de pas...

On flâne lentement sans pose ;
On adore vivre dehors...
C’est le dernier coin où l’on cause
C’est le vrai forum de Cahors...

Lorsque le gel couvre la terre
Que la brise rougit les nez
Pas un promeneur de moins n’erre
Les trottoirs ont leurs abonnés.

Aux longs jours de la canicule
Quand les cigales font grand bruit
On sort moins tôt, mais on circule
En revanche, plus tard, la nuit...

C’est très gai, mais surtout aux heures
Où s’en vont vers leurs ateliers
Puis reviennent vers leurs demeures,
Les trottins, moineaux familiers ;

Leur cortège aux allures lestes,
Met en rumeur le Boulevard ;
Ce sont des courses et des gestes
Et tout un pépiement bavard.

Les étrangers, à la terrasse
Des cafés ouvrent de grand yeux
Et lentement tout Cahors passe
Vire et repasse devant eux...

Le dernier forum où l’on cause
Va du Théâtre au Tivoli.
Flâner est une aimable chose
Et le Boulevard est joli...

E. de Surgès (Eugène Grangié)