Les derniers Rêves - Gervais NICOLAÏ

, par Marc Lagaly

Les derniers Rêves

Amis, quand je mourrai, soyez sobres d’adieux.
Ayez soin, quand la mort aura glacé mes yeux,
De commander au cœur l’oubli de ma mémoire :
Je veux dormir en paix, sans bruit, sans pleurs, sans gloire.

Et puis, je laisserai si peu de souvenirs...
Les bois auront éteint le bruit de mes soupirs
Et, me sachant heureux sur un lointain rivage,
Les nymphes n’auront pas le deuil à leur corsage !

Pourquoi pleurer ? Pourquoi gémir ? En feu follet
Je dois aller grossir un autre feu follet,
Âme de nouveaux chants et de nouvelles choses...

Sur mon corps, sillonné de vers, naîtront des roses ;
Des bébés fouleront le gazon parfumé...
Et quand j’aurai vécu, d’autres auront aimé !

15 avril 1906