A Rocamadour

, par Marc Lagaly

Rocamadour

I
Suspendu aux flancs de l’abime
D’un seul jet puissant et sublime,
Rocamadour
Dresse au ciel sa robe de pierre,
Dans un bel élan de prière,
Au Dieu d’amour.
Une langueur toute biblique
Endort la cité fantastique
Du bon Zachée
Une odeur mystique de cierge
Monte doucement vers la Vierge
Dans les rochers

II
Et le bruit des Avé résonne
En tout lieu, pour que Dieu pardonne
Aux égarés
La mélopée triste murmure
Comme le vent de la ramure
De la forêt.

III

L’âme en fleur, souriant aux plus purs lendemains
Elles vinrent vers toi les jeunes épousées
Puis les genoux ployés et joignant leurs deux mains,
Pâles, celles aussi qui furent délaissées.

A toutes tu donnas le caressant espoir
D’un petit chérubin à chevelure blonde
Pour que, quand tombera sur elles le grand soir,
Elles laissent encore leur cœur en ce bas monde.