Lo mort d’un biel amit

, par Marc Lagaly

Lo mort d’un biel amit

Toun poulit mantèl bert canjat en coulou bruno
Mé fasio préssenti ta tristo enfourtuno,
As finit per mouri, mé drét coum’un souldat
Massacrat sans défenso an ta fièro noublésso
T’ès battut an la frét, as perdut lou coumbat,
Tous tjours sé sou finits sans béré la biellésso
Et atal pla peinat, boudrioi pas i pensa
M’a calgut décida, d’un débé qué m’aploumbo
Apres t’abé plantat calé té déraya !
Destérra tas reissés ta prioum coum’uno toumbo
Ha moument doulourous can té bit t’achassa
Coum’un géant bencut toumbat sus la péléno,
Un sarroment dé cur et tout èro finit.
Tristé sans cat dé hounto a l’èl abioï la grémo
Hé perdut un amit

Marc Burg - décembre 1959

La mort d’un vieil ami

Ton beau manteau vert changé en couleur brune
Me faisait pressentir ta triste infortune,
Tu as fini par mourir, mais droit comme un soldat
Massacré sans défense avec ta fière noblesse.
Tu t’es battu contre le froid, tu as perdu le combat,
Tes jours se sont finis sans voir la vieillesse
Et ainsi très peiné, je ne voudrai pas y penser
Il m’a fallu décider, d’un devoir qui m’accable.
Après t’avoir planté, falloir t’arracher !
Déterrer tes racines aussi profonde qu’une tombe.
Ha ! moment douloureux quand je t’ai vu te coucher
Comme un géant vaincu tombé sur la pelouse,
un serrement de cœur et tout était fini.
Triste sans aucune honte j’avais la larme à l’œil.
J’ai perdu un ami.