La Margarido

, par Marc Lagaly

Marc Burc de Puy-l’évêque chante la marguerite dans ce poème écrit dans la langue du pays.

La Margarido

Sus Terro Diou jittet dé perlos
Nasquet dé flous toutos superbos,
Pintrados per nou réjoui l’él
Coumo l’estèlo brillo al cél.

Simplo flou des camps Margarido
Flourissés sans fard, et poulido
T’en doutés pas, es un tresor,
Toun cur es fat d’un louis d’or.

Tremblento la pastouréletto
Espéfido ta flou blanquétto
Per s’assura sé soun amant
D’un aoutro n’és pas lou galant

Toun noum, dé Rèynos, dé Princéssos
S’en sou parados tan d’Altéssos,
Et Margarido (1) maï d’un cot
Salbet nostré Clément Marot.

Can dourmiré jous la péleino
Tranquilé san caplus dé peino
Boudrioï tout altour del toumbel
Dé Margaridos quilla l’él.

Marc Burg

1 - Marguerite d’Angoulême sœur de François 1er.

La Marguerite

Sur Terre Dieu jeta des perles,
Il naquit des fleurs toutes superbes,
Peintes pour nous réjouir l’œil
Comme l’étoile brille au ciel.

Simple fleur des champs Marguerite
Tu fleuris sans fard, et jolie
Tu ne t’en doutes pas, tu es un trésor,
Ton cœur est fait d’un louis d’or.

Tremblante la petite bergère
Effeuille ta fleur blanche
Pour s’assurer que son amant
D’un autre ne soit pas le galant.

Ton nom, des Reines, des Princesses
S’en sont parées tant d’Altesses
Et Marguerite plus d’une fois
Sauva notre Clément Marot.

Quand je dormirai sous la pelouse
Tranquille sans plus d’autre peine
je voudrai tout autour du tombeau
Des Marguerites dresser l’œil.