La Binho

, par Marc Lagaly

La Binho

La binho cajoulado, fidèlo mestresso
A pas jamai trahit lou qué la carésso.
Pla maï qué dé poutous nu dono tout son san
Jusqu’a sa biéllésso lou nus dono cad’an.

Noé suét un brabé omé din l’arco la sarrèt
Préciousomen gardado urous la nous salbèt
Un jour qué fasio caou Noé bégét trot dé bi
Ajet pla mal al cat, Diou diét té perdouni.

Lou bi d’Ambrousio dés Dious èro la liquou
En ouffrando sus autéls éro tout a l’ounou.
Binho bouno maïré acos dé ton bon lat
Qué lous omés réjouits dé tout tem on chucat

Oh binho aïmado qu’anmbé souén é plantado
D’uno patiento ma soignado, proutéjado
Per tus ambé passiou aouré toutjour lou culté
Countuniaré de t’ounoura coumo fasio mon païré

Usat pel las annados pouiré plus té cajoula
Binho bénérado mé caldra té quitta
Et per un darré cot a la fi dé mon cami
Boudriouï poudé béouré un béré dé ton bi.

La vigne

La vigne cajolée, fidèle maîtresse
N’a jamais trahit celui qui la caresse.
Bien plus que des baisers elle nous donne tout son sang.
Jusqu’à la vieillesse elle nous le donne chaque an.

Noé fut un brave homme dans l’arche il la déposa
Précieusement gardée heureux il nous la sauva
Un jour qu’il faisait chaud Noé bu trop de vin
Il eut bien mal à la tète, Dieu dit : "je te pardonne".

Le vin d’ambroisie des Dieux était la liqueur
En offrande sus les autels il était tout à l’honneur
Vigne bonne mère c’est de ton bon lait
Que les hommes réjouis de tout temps ont tété

Oh vigne aimée qu’avec soin j’ai plantée
D’une patiente main soignée, protégée
Pour toi avec passion j’aurai toujours le culte
Je continuerai de t’honorer comme faisait mon père

Usé par les années je ne pourrai plus te cajoler
Vigne vénérée il me faudra te quitter
pour une dernière fois à la fin de mon chemin
Je voudrai pouvoir boire un verre de ton vin.