L’oustal abandounat - Marc Burc

, par Marc Lagaly

L’oustal abandounat

As quatre bent dubert l’oustal abandounat
Qué semblo un malhurous mouren din la tristésso
Tout preste a s’agroula, lou baqui coundamnat
Per fini mespresat capelat de biellesso

Soun mestre l’embetjous es estat un engrat,
L’abandouna tout soul, s’en enguèt a la bilo
I cassa lou bounhur et nou l’a pas troubat
Aïci praco menabo uno bido tranquilo

Sé passas a coustat de béré fa pietat,
Lou tems sus sas parets a marcat las annadas
De cadunones estat de mousso capelat,
La pletjo et lou soulel daïçat d’escaraugnados.

Témouen del tems passat, oustal as counegut
Dé jours dé grandos joyos et d’autres an pla peinos,
Un brès de tems en tems per un noubel nascut
Aquel bièl al cantou gaïré sang din sas bénos.

Lou Grand Mestre lou tems acabo soun trabal,
Dé tus abandounat restara que de ruinos
Seras plus qu’un caïrou, perdras lou noum d’oustal
Et lous jouines pus tard remenaran tas peïros.

Médaille d’Argent au Jasmin d’argent (Agen 1957)

La maison abandonnée

Aux quatre vents ouverte la maison abandonnée
Qui ressemble à un malheureux mourrant dans la tristesse.
Sur le point de s’effondrer, le voici condamné
Pour finir meprisé recouvert de vieillesse.

Son maître l’envieux fut un ingrat,
L’abandonner tout seul, il s’en alla à la ville
Y chercher le bonheur qu’il ne trouva pas,
Ici pourtant il menait une vie tranquille.

Si vous passez à côté à voir il fait pitié.
Le temps sur ses murs a marqué les années
De chacune il a été recouvert de mousse
La pluie et le soleil ont laissé des griffures.

Témoin du temps paasé, maison tu as connu
Des jours de grandes joies et d’autres avec bien des peines.
Un berceau de temps à autre pour un nouveau né,
Ce vieux dans le coin peu de sang dans ses veines.

Le Grand Maître le temps termine son travail,
De toi abandonné il ne restera que des ruines
Tu ne seras plus qu’un tas de pierres, tu perdras le nom de maison
Et les jeunes plus tard remueront tes pierres.