Lou nous pogoras

, par Marc Lagaly

Lou nous pogoras

Poulido, flouricado, urouso,
Dins sus jardins et dins sus prats,
La Franço ritso et troboillouso
Nou pensabo pus qu’a la pax.
Aco ero uno crano onnado ;
Obion dé bignos et dé blats :
Tu qué fas léba nostro ormado,
Ollémand, lou nous pogoras.

Crésios morto nostro baillenço
Et finido nostro bertut :
Mais as bit coumo nostro Franço
Sé dresso d’un cop countro tu.
Nostros mayrés, sorrés et fennos,
Quand séns partits n’oount pas plourat :
Obioount pourtant dé grondos peinos.
Ollémand, lou nous pogoras.

Joubés, biels, s’en boount o lo guerro,
Lours brabes trins toutsés flourits
E des efonts n’oben enquero
Per défendré nostré pays
Obal, dins nostro sainto Alsaço
Teinount toutsour nostrés soullats :
Sé né tombo un, dex lou remplaçount ;
Ollémand, lou nous pogoras !

Princé Guillaoumé, a la Françaiso,
Lébens tout armat nostrés bras :
Entends brountsi la Marseillaiso !
Ollémand !. lou nous pagoras !!!

J.V.L. (L’Echo des Gourbis - Journal anti periodique des tranchées et boyaux - Organe des Troglodytes du Front n°1 - 15 mars 1915)

Tu nous le payeras

Jolie, fleurie, heureuse
Dans ses jardins et dans ses prés
La France, riche et travailleuse,
Ne pensait plus qu’à la paix.
C’était une fameuse année
Nous avions des vignes et du blé.
Toi qui a fait se lever notre armée,
Allemand, tu nous le payeras.

Tu croyais morte notre vaillance
Et finie notre vertu
Mais tu as vu comment notre France
S’est levée, d’un coup, contre toi.
Nos mères, nos sœurs et nos femmes
Quand nous sommes partis n’ont pas pleuré
Elles avaient pourtant de grandes peines :
Allemand, tu nous le payeras.

Jeunes, vieux, s’en vont à la guerre,
Leur beaux trains fleuris
Et des enfants nous en avons encore
Pour défendre notre pays.
Là-bas, dans notre sainte Alsace
Nos soldats tiennent toujours.
S’il en tombe un, dix le remplacent :
Allemand, tu nous le payeras.

Prince Guillaume ! A la française
Nous levons tout armé notre bras.
Entends frémir la Marseillaise.
Allemand, tu nous le payeras !!!